Iris Hutegger - Ceci n est pas un paysage

Iris Hutegger - Ceci n est pas un paysage
25/01/2014 > 01/03/2014

Iris Hutegger


Je prends mes photos de paysages en technique analogique et j’agrandis les negatifs sur papier photo en noir et blanc.
Les photographies sont ensuite mises en forme avec un assortiment de fils de couleurs qui sont cousus à même l’image avec une machine à coudre.
Avec cette technique les fils se mélangent sur l’image créant une perception de profondeur et une illusion de consistance. La manipulation des photographies transforme le paysage en “une réelle image de fiction”

La couture détruit à la fois l’image et en recrée une. Quand je prends une photo, je choisis une zone où l’identification site-spécifique de l’endroit est réduite. Dans ces photos, on n’observe aucune personne ni aucune trace d’ intervention humaine.

Je suis fascinée par le sujet de la perception, les questions de la réalité et de l’illusion, de localisation et de délocalisation. La photographie analogique avec son point de réference dans le monde réel est nécessaire afin que je puisse jouer avec la perception et l’illusion en manipulant l’image par la couture.

Regarder le paysage, c’est regarder l’immensité, loin de soi-même. Le regard est défini par la distance, l’immensité et la profondeur. Sans distance, le paysage disparaît. La distance sépare mais en même temps elle révèle la vue.
Etre capable de voir les paysages représente aussi un effort mental d’identifier les structures individuelles et de les combiner en un tout synthétique. La relation entre la distance et la synthèse conduit à une experience visuelle déclenchant la perception de l’espace et en fait une experience substantielle

Quand je parle du paysage, je ne veux pas dire la nature. Le paysage de mon point de vue est un espace mental, une experience, l’imagination et la construction. Par tout cela, je comprends à la fois une réalisation culturelle et une solution individuelle.


I take my photos of landscapes using the analog technique and enlarge the negatives on black and white photo paper. The photographs are further shaped with select colors of thread, stitched onto the image using a sewing machine. This technique using stitching blends into the photographed image creating depth perception and illusion of texture. The manipulation of the photographs transforms the landscape into a “real image of fiction”.

The stitching is both destroying a picture and recreating one. When I take the photo, I choose an area where the place-specific recognition of the depicted localization is reduced. In the photos, no people or traces of human intervention can be seen.

I am fascinated with the topic of perception, questions about reality and illusion, localization and delocalization. The analog photography with its reference point in the real world is mandatory so that I can play with perception and illusion by manipulating the picture through stitching.

Looking at landscape is looking at vastness, away from oneself.
Look is defined through distance, vastness and depth. Without distance, landscape disappears. Distance separates and at the same time it reveals the view.
Being able to see landscapes is also the mental effort of recognising individual structures and to combine them as a synthetic whole. The connection of distance and synthesis leads to a viewing experience sparking the perception of space and makes it to a substantial experience.

When I speak about landscape, I do not mean nature. Landscape from my point of reference is mental space, experience, imagination and construction. By all that, I comprehend both a cultural achievement and an individual solution.



Iris Hutegger